• Inès Chassignole

Idées reçues sur l'obésité


Article rédigé en association avec Ambre Mota - Diététicienne - Nutritionniste du sport FAUX (et beaucoup trop réducteur).


Ne connaissez-vous pas un enfant (ou un adulte) qui mange beaucoup, de manière déséquilibrée et qui ne prend pas de poids ?

Ne connaissez-vous pas un enfant (ou un adulte) au mode de vie sédentaire et qui n’a pas de problème de poids ?


Conclusion : nous ne sommes pas égaux devant le poids et l’obésité reste une maladie, maladie chronique du tissu adipeux qui stocke l’énergie avec plus de facilité.

Aller, je vais un peu plus loin.


Les origines de l’obésité sont multiples et les facteurs impliqués dans son développement et son installation ne sont pas tous identifiés. Parmi les déterminants potentiels ;

  • (rare) - obésité monogénique (anomalie sur un gène)

  • La prédisposition génétique (plusieurs membres de la famille présentent un surpoids ou une obésité)

  • La grossesse de la maman ; sa prise de poids, son alimentation, si consommation de tabac, de médicament, si présence d’un diabète, d’un stress maternel prénatal…

  • Le poids du bébé ; si trop faible (prématurité) ou trop excessif (macrosomie) cela peut prédisposer au développement d’une obésité.

  • L’alimentation du tout petit, gavage, alimentation récompense avec tétée à la moindre pleure

  • La diversification alimentaire ; l’âge auquel l’introduction des aliments à lieu, en quelles proportions notamment pour les protéines, respect ou non des sensations alimentaires de l'enfant.

  • Un événement psychologiquement marquant ; inceste, décès…

  • Les troubles du sommeil / le travail de nuit

  • La composition du microbiote

  • L’environnement (polluant, alimentation , sport) : “Les changements alimentaires et une sédentarité accrue jouent un rôle incontestable dans l’émergence récente de l’obésité. L’augmentation de la taille des portions, la plus grande densité énergétique, l’alimentation industrielle en excès, la disponibilité de l’alimentation, et l’évolution des prix alimentaires sont des éléments qui favorisent les consommations caloriques excessives. La sédentarité et les loisirs tels que la télévision ou les jeux vidéo, l’utilisation de la voiture et des transports en commun dans les déplacements du quotidien induisent quant à eux une diminution de l’activité physique et des dépenses énergétiques. Mais ces facteurs influençant le bilan d’énergie, et donc le statut nutritionnel, ne suffisent pas à expliquer l’augmentation de la fréquence de l’obésité, ni "l’inégalité" des individus vis-à-vis de la prise de poids : certaines personnes prennent en effet plus de poids que d’autres, alors qu’elles ont les mêmes modes de vie”. (Source : inserm).

Vous comprenez donc bien que dans toute cette liste, l’alimentation et le sport sont deux éléments parmi tant d’autres.

Certes, deux sur lesquels nous pouvons agir mais réduire la prise en charge de l’obésité sur ces deux SEULS paramètres et avoir l’idée reçue selon laquelle il SUFFIRAIT d’agir sur ces deux paramètres pour sortir de l’obésité est fortement erronée.



FAUX, ce n’est pas une fatalité.


L'obésité dans l'enfance est un élément PREDICTIF de l'obésité à l'âge adulte MAIS la probabilité qu'un enfant obèse le reste à l'âge adulte varie selon les études de 20 % à 50 % avant la puberté, et de 50 % à 70 % après la puberté. 

Il est nécessaire de bien suivre la croissance de son enfant (à l'aide des courbes ) de sorte à dépister de manière PRECOCE toute élévation rapide de la courbe de poids.

Chaque personne est UNIQUE et à chacun sa TRAJECTOIRE ; un enfant prédisposé au surpoids peu, ne pas développer d’obésité dans un environnement protecteur. Exposé à un environnement dit obésogène, le risque de développer une obésité est alors plus important.

“Une prédisposition génétique à la prise de poids peut rendre compte de ces différences de susceptibilité individuelle à l’obésité. Un individu a deux à huit fois plus de chances d’être obèse si des membres de sa famille le sont eux même. Plusieurs équipes françaises, de l’Inserm et du CNRS, ont identifié de nombreux gènes impliqués dans la prise de poids, l’obésité sévère et/ou les complications de l’obésité. A noter que si chaque gène pris individuellement n’exerce qu'un faible rôle sur la masse et la composition corporelle, la contribution de ces gènes devient significative lorsqu'ils interagissent avec des facteurs externes tels que le déséquilibre énergétique.” (source : inserm).

...FAUX.


Élément de définition, la volonté : pouvoir de faire ou de ne pas faire quelque chose.


Nous vous avons expliqué au premier post de cette semaine de sensibilisation sur l’obésité que plusieurs facteurs jouent sur l’origine et le développement de l’obésité : environnement, génétique, trouble du sommeil, probablement microbiote, mais aussi parfois un événement psychologique marquant… dans la très grande majorité, ce sont des facteurs indépendants de la volonté d’un sujet.


L’obésité est une maladie multifactorielle et la seule volonté ne suffit pas pour la soigner.

Les patients n’en manquent pas, ils vont souvent actionner plusieurs leviers du sport et de l’alimentation avec beaucoup de volonté ; par exemple, se restreindre de manière drastique, aller à l’encontre de leurs ressentis et de leurs besoins en luttant contre la faim, les fringales, s’infliger des séances de sport inadaptées qui génèrent inconfort voire douleurs… dans le but de perdre du poids. Mais la volonté ne peut pas tout faire dans cette maladie obésité qui a pour rappel, comme symptôme, le poids.

La volonté n’est donc pas en lien avec la réussite ou l’échec d’une perte de poids au long terme.


Et la motivation dans tout ça ? Motivation : ce qui pousse à une action

Elle aussi est présente mais elle est souvent très étroitement réduite au chiffre sur la balance. C'est bien légitime. Mais cette focale “poids” peut engendrer des comportements inadaptés et des actions qui ne sont pas toujours réalisés pour le bien-être de l’individu dans sa globalité mais seulement dans le but de satisfaire cette exigence chiffrée, parfois à n’importe quel prix. Malheureusement, si le résultat n’est pas atteint c’est souvent le commencement d’une lutte acharnée contre son corps.

Le travail pour avancer vers ce qui compte pour nous, vers nos valeurs profondes, prend alors toute son importance pour ne plus vivre, seulement, à travers le poids. Plus simple sur le papier qu’en réalité mais un chemin qui mérite d’être exploré!

Un peu de lecture "les obèses ne sont pas responsables de leurs surpoids"



FAUX.

Il n’y a jamais eu autant de régime et jamais eu autant d’obésité.


Le rapport de l’Anses de 2010 révèle en effet qu’il y a 90% d’échec des régimes cinq ans plus tard. La reprise pondérale concerne 80% des sujets à un an et augmente à long terme ; le fameux effet yoyo.


“En période de perte de poids, la diminution de la leptinémie, en association avec de nombreux autres signaux nutritionnels, neuronaux et endocriniens, envoie un signal de « déficit énergétique » au niveau cérébral, ce qui se traduit par une augmentation de la sensation de faim.” selon le rapport de l’Anses.

Il montre également que la fluctuation de poids serait un facteur de risque cardiovasculaire et de syndrome métabolique.


La pensée dichotomique est aussi très problématique et elle est induite par la plupart si ce n'est TOUS les régimes et elle fait grossir. Si si vous savez, la pensée sans nuance, cette pensée du tout ou rien qui se manifeste par des règles rigides, des aliments miracles, ou à l’inverse des aliments à supprimer. Cette classification des aliments en bons ou mauvais pour perdre du poids...

Elle tend à créer de la frustration, en inhibant l’écoute des nourritures affectives et émotionnelles. À terme, cela peut créer des compulsions, de la culpabilité et un cercle vicieux de restriction cognitive alimentaire pouvant freiner ou augmenter l’évolution du poids.


Si vous êtes en situation d'obésité ou un de vos proches et que vous souhaitez l'aider, nous vous invitons à vous rapprochez d'une équipe pluridisciplinaire formée (médecin, psychologie, diététicien, sophrologue...) mais aussi ; 
des plateformes de sport santé comme Ain Sport Santé (https://www.ainsportsante.fr/) pour une activité physique adaptée ou encore l' Académie de la Santé (74) et l'UFOLEP (https://www.ufolep.org/) pour du sport autrement. 
des associations fortement mobilisées telles que PESE-PLUME ou encore Vivre Autrement Ses Formes pour partager des expériences et échanger autour des difficultés
les CIO (centre intégré de l'obésité) notamment à Lyon, les CSO (centre spécialisé de l'obésité) à Lyon La Sauvegarde avec l'association la Ronde du changement 
ou encore le réseau REPPOP (69, 01, 07, 73) pour les plus jeunes.


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