Pourquoi compter ses calories ne fonctionne pas pour perdre du poids ?

 

Une calorie est une unité d'énergie équivalant à 4,184 kilojoules qui représente la quantité de chaleur nécessaire pour élever de 14,5 à 15,5 degrés Celsius la température d'un kilogramme d'eau. (Définition selon LAROUSSE).  

C'est seulement ça, une calorie.

Cependant, certain accorde bien plus d'importance à la calorie dans leur alimentation de tous les jours, alors qu'initialement ce n'est qu'une donnée chiffrée, ni plus, ni moins.

Pour certaine personne, les calories vont prendre le dessus sur leurs choix en matière d'alimentation (et les nombreuses applications smartphone en témoignent...) influençant leurs comportements selon "restriction calorique = maigrir", alors qu'un aliment peut être à la fois nutritif et calorique.

Les choix induits sont loin d'être justes pour perdre du poids et ne sont pas toujours bons pour maintenir une bonne santé non plus, je vous l'explique.

Compter ses calories pour perdre du poids

ne semble pas être une méthode adaptée ni saine

1. Les étiquetages sont trompeurs : l'effet "halo" sur le consommateur 

 

L’effet halo consiste à inférer d’une impression générale, une caractéristique spécifique (Edward L. Thorndike). 

 

En psychologie, l’effet de halo désigne un biais cognitif qui consiste à ne voir que les choses qui vont dans le sens d’une première impression que l'on souhaite confirmer : on fait une généralisation à partir d'une caractéristique isolée.

 

Par exemple, une caractéristique jugée positive à propos d’un aliment ("0 % de matière grasse") aura tendance à rendre à nos yeux plus positives ses autres caractéristiques ("c'est un bon produit!") alors même que nous ne les regarderons pas. L'information est donc perçue de manière sélective, dans le sens de notre première impression. 

 

Ainsi, plusieurs consommateurs auraient tendance à croire que les aliments étiquetés "faibles en calories", "allégés en sucre", "pauvres en matière grasse", "0 % matière grasse" sont plus sains que ceux qui ne portent pas de mention. Comme si c'était le seul critère de jugement de la valeur nutritive d'un aliment, s'il y en a un qui l'a bien compris, c'est le marketing. 

 

Néanmoins, les produits lights sont souvent très transformés avec ajout de sel, de sucre, d'additifs (colorants, conservateurs, agents de texture) pour donner aux produits toutes les caractéristiques organoleptiques attendues par le consommateur.

 

D'autre part, le fait qu’un produit soit allégé en calories engendre souvent une consommation plus importante soit "parce-qu"il y a moins de calorie je peux me permettre d'en prendre un peu plus" ou bien souvent encore "parce-qu'il n'y a pas suffisamment de gout alors j'en mets d'avantage". 

 

2. Les étiquettes sont imprécises 

 

Une marge d’erreur est autorisée dans l’étiquetage des aliments (Références : Recommandations pratiques sur l’étiquetage nutritionnel, ANIA 07-09). L’écart entre la valeur nutritive réelle et la valeur déclarée s’explique par plusieurs facteurs : les variations de saisons, la transformation des matières premières et les procédés de fabrication, la méthode d’analyse nutritionnelle (les calculs et tables de calories de référence).

Calculer ses calories de manière précise se révèle alors difficile. 

 

3. Les calories ne sont pas toutes traitées de la même manière par l'organisme

 

Tous le monde s'accorde à dire qu'un 1 kg de plume = 1 kg de plomb, alors 100 calories de haricots verts = 100 calories de chocolat.

Pour notre corps, l'information est un peu plus complexe : la composition en glucides, en lipides et en protéines des aliments est variable selon les aliments qu'on consomme (les haricots auront très peu de protéines mais quelques glucides, tandis que le chocolat aura un peu de protéines ainsi que des lipides et des glucides).  

Et notre corps ne dépense pas la même énergie à digérer ces macromolécules! Ainsi, la digestion des protéines demande plus d'énergie que celle des glucides ou des lipides. 

 

Savoir où en est son organisme dans la balance ingestion / dépense de calories... relève de l'exploit car l'énergie utilisée pour notre propre digestion est difficilement mesurable! 

 

 

4. L'absorption de l'énergie est variable d'un individu à un autre

 

Deux personnes qui mangent le même aliment n’absorbent pas nécessairement le même nombre de calories. Nous connaissons tous une personne qui pour une part de gâteau prendra du poids et une autre qui pour trois fois la portion de ce même gâteau ne prendra pas un gramme.

La génétique, la longueur de l’intestin et son bon fonctionnement, les enzymes digestives, le microbiote, de même que le mode de préparation des aliments influencent l’absorption des calories. Par exemple, les aliments transformés nécessitent moins d’énergie pour être digérés, ce qui suggère une diminution de notre dépense calorique.

 

Comment être sûre de ce que l'on absorbe par rapport à ce que l'on ingère en quantité de calorie ? 

 

5. Cela ne règle en rien le problème alimentaire "de base" 

 

Compter les calories n'explique pas pourquoi vous mangez trop (ou pas assez), qui n'est q'un symptôme d'un dysfonctionnement complexe, profond, ancré. Cela revient à lisser la partie émergé de l'iceberg. 

 

6. Le contrôle de son alimentation par les calories peut conduire aux TCA

 

Le calcul initialement curieux peut chez certain individu dériver en un moyen de contrôle strict de leur alimentation, créant un rapport pathologique avec l'alimentation pouvant conduire à un trouble du comportement alimentaire (anorexie, orthorexie, bigorexie...)

 

6. Le plaisir sensoriel est négligé 

 

Le fait de ne considérer que les calories pour faire des choix alimentaires risque de se faire au détriment du plaisir sensoriel (goût, odeur, texture...) et des autres valeurs qui gravitent autour des prises alimentaires (partage, convivialité...). Le calcul des calories risque aussi d’entraîner de la privation, des pertes de contrôle et de la culpabilité selon le cercle vicieux que l'on connait bien maintenant : 

  1. Le désir de maigrir entraîne une restriction calorique par hyper contrôle de son alimentation

  2. L'hyper contrôle bousculé de frustration et privation s'écroule 

  3. La perte de contrôle entraîne une sur-consommation des aliments auparavant interdits, reprise du poids et culpabilité

  4. Le désir de maigrir vous repousse vers la restriction... & cie. 

Surévaluer le pouvoir des calories sur nos choix alimentaires ne semble donc pas être une bonne chose pour l'ensemble de ces raisons. 

* * * 

Nos signaux de faim et de rassasiement sont les meilleurs outils dont dispose notre corps pour nous indiquer nos besoins et ça, ça ne demande aucun calcul !

 

 

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Jeûne, diète cétogène et cancer

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